Enfin, un succès rapide

Je ne suis pas reconnu pour être quelqu’un de très rapide.

Au début de ma carrière en agence, j’ai toutefois impressionné mon patron en accomplissant en six mois ce que mes collègues mettaient deux à trois ans en moyenne à réaliser.

Un plancher accueillant

J’ai franchi toutes les étapes en accéléré : j’ai commencé à être stressé, puis à souffrir de maux de ventre suivis d’insomnies sévères avant la consécration ultime : la crise de panique sur le plancher des toilettes publiques.

Un patron reconnaissant

Mon patron était très fier de moi, car il me voyait comme l’une de ses plus belles réussites. Grâce à moi, il avait gagné un certain statut auprès de ses collègues directeurs. À ce jour, aucun d’entre eux n’avait encore réussi à briser un jeune enthousiaste aussi rapidement.

Quand ils se réunissent, ils parlent encore de moi avec le sentiment du devoir accompli. La haute direction avait mis plusieurs années, et énormément d’efforts, avant de trouver un candidat de ma stature, capable de s’affaler sur le plancher de céramique de la salle de bain, croyant être terrassé par une crise cardiaque à un si jeune âge.

Dans le domaine de la crise d’anxiété, je suis devenu l’étalon, la référence. Mais je reste humble devant le succès.